Biologie du Frelon asiatique

 

Originaire d’Asie, le frelon Vespa velutina nigrithorax semble avoir été introduit en France dans les toutes premières années de ce siècle, par une arrivée accidentelle dans des containers de marchandises. Il a été formellement signalé en 2004 dans les départements de la Gironde, du Lot-et-Garonne et de la Dordogne.

Le frelon asiatique à thorax noir est désormais présent sur une grande partie du territoire métropolitain, ainsi qu’en Espagne, en Italie et au Portugal.

Il semble être de retour en Bel­gique et il a été signalé en Grande-Bretagne et en Allemagne.

Sa vitesse de propagation est proche de 100 km par an. L’Est et les zones montagneuses sont, pour le moment, relativement épargnés. Par conséquent Varroa n’est pas le seul prédateur auquel nous devons faire face.

Description du Frelon Asiatique :

L’espèce Vespa velutina nigrithorax se distingue facilement du frelon européen, Vespa crabro (seule autre espèce de frelon vivant en France), par sa taille et sa couleur caractéristique. L’adulte, plus petit que V. crabro, mesure environ 30 mm de long. Son thorax est brun foncé (d’où son nom scientifique) et son abdomen présente des segments abdominaux bordés d’une fine bande jaune. Le 4e segment de l’abdomen porte une large bande jaune orangé ca­ractéristique. L’extrémité des pattes est jaune. Vous retrouverez la fiche d’identification officielle à cette adresse : frelonasiatique.mnhn.fr/identification/

 

Habitat et description du nid de frelon asiatique :

Si les plus visibles sont en majorité dans la frondaison des arbres, les nids s’observent également très sou­ vent dans de nombreux autres habitats – abris, han­ gars, murs, isolation de toitures, compteurs d’eau et même terriers. On peut facilement distinguer les sites des nids primaires de ceux des nids secondaires.
Le nid primaire est élaboré par la fondatrice au prin­temps, entre la fin du mois de février et juin. Petit, fin, il est très fragile et la fondatrice l’installe de façon privilégiée à l’abri du vent et de la pluie, plutôt sur une façade sud qui se réchauffe facilement au prin­temps. Les avancées de toits, les ruchettes-pièges sont très prisées. De la taille d’un citron au départ, le nid atteint celle d’un melon au mois de juin. L’entrée unique se trouve à la base au début de la construc­tion, puis se déplace progressivement vers un côté.
Le nid secondaire, en revanche, est construit par les ouvrières principalement au mois de juillet. Les contraintes sont différentes. Il est souvent situé dans un endroit tranquille et proche d’une source de nourriture et d’eau dans un lieu bien ensoleillé. Les passages à essaims et les emplacements des anciens nids sont recherchés.

Si un nid n’est pas réutilisé d’une année à l’autre, il est très fréquent d’observer les nouvelles construc­tions sur les mêmes arbres ou à proximité des emplacements des années précédentes. Les emplacements favorables aux abeilles le sont aussi pour les frelons asiatiques.
Les nids se distinguent par leur forme en goutte d’eau, alors que ceux de Vespa Crabro sont plutôt cylin­driques ; l’emplacement de l’entrée est situé sur le côté, au lieu d’être à la base. Ils sont fabriqués en papier mâché à base de cellulose de vieux arbres, d’écorces… notamment de chênes et de saules.
En automne, la taille de certains nids peut atteindre près de 1 m de hauteur et 80 cm de diamètre, le nombre d’individus dépasser 2 000 et celui des cel­lules 20 000.

Les quatre saisons du Frelon asiatique :

 

PRINTEMPS
La sortie d’hivernage des fondatrices débute dès la mi-février dans les régions océaniques. Lors des premières sorties, elles peuvent commencer à migrer soit à proximité, ce qui favorise la dissémination, soit vers d’autres zones parfois distantes d’une centaine de kilomètres. La construction des premiers nids a lieu un peu plus tardivement avec la reprise de l’acti­vité de butinage des insectes proies.
Cette période correspond par exemple à la floraison des arbres fruitiers à noyaux (pruniers, pêchers, ceri­siers) et se traduit par le réel démarrage des captures dans les pièges. Si le froid revient, ces nids peuvent être délaissés. Une compétition entre fondatrices est possible pour l’appropriation d’un territoire. Elle favorise les individus les plus forts et les plus adap­ tés. Cependant, cette compétition est relativement limitée. On observe fréquemment la cohabitation de nids assez proches, y compris avec V. crabro.
Pendant environ une cinquantaine de jours, la fondatrice est seule pour assurer la construction du nid, la ponte, le chauffage et l’alimen­tation des larves en période froide. Cela se traduit par de forts besoins en sucres.
Ce sont les larves qui servent de réserves glucidiques en cas de mauvais temps et d’impossibilité de butinage, en régurgitant de la nourriture aux adultes.
Les fondatrices sont particulièrement vulné­rables, et le piégeage est efficace en cas de mauvais temps. Les premières naissances d’ouvrières peuvent se produire dès la fin du mois de mai, mais elles surviennent plus fréquem­ment au début de juin. La fondatrice reste alors dans le nid et seules les ouvrières as­ surent le ravitaillement. Il devient difficile de neutraliser les nids, le piégeage perd de son efficacité et les nids sont difficilement détec­tables.

JUIN-JUILLET
En juillet, les ouvrières construisent un nid secondaire à l’abri des regards. La fon­datrice les rejoint et les jeunes ouvrières migrent au moment de leur naissance. L’ali­mentation devient prioritairement protéinée pour nourrir les larves. En août, les nids se développent rapidement, les températures dimi­ nuant la durée de la métamorphose. La prédation s’accentue ; les premières futures reproductrices ap­paraissent et sont rapidement fécondées.
Jusqu’aux premières fortes gelées, les nids conti­ nuent de se développer et la prédation progresse exponentiellement. La nourriture disponible dim i­ nue et les abeilles deviennent une proie essentielle.
Cette prédation est très visible dans les ruchers, mais s’exerce davantage encore sur les lieux de butinage, affaiblissant silencieusement les colonies d’abeilles.
De nombreuses espèces sont impactées, les in­ sectes pollinisateurs en premier lieu, mais aussi les prédateurs naturels comme les oiseaux insectivores, précieux auxiliaires, migrateurs ou non, qui se voient privés d’une partie de leur nourriture habituelle.

AUTOMNE-HIVER
Dès les premiers froids, la reine réduit sa ponte, mais le couvain continue à naître jusqu’aux fortes gelées. Les nids sont alors géné­ralement désertés, les ouvrières disparaissent et les reproductrices fé­condées s’abritent dans des cavités naturelles. Les oiseaux prédateurs viennent piller les nids.
Un nid peut engendrer plusieurs centaines de reproductrices potentielles.
Sans intervention humaine pour freiner l’ex­pansion, le coefficient multiplicateur des populations de frelon asia­tique est voisin de 10 d’une année à l’autre en zone de colonisation.

frelon asiatique
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Régime alimentaire du frelon asiatique:


Les besoins varient en fonction de la saison. L’alimentation sucrée est nécessaire aux adultes pour la construction des nids, la chasse et le chauffage du couvain. Ces besoins en énergie sont essentiels pendant la période printanière et l’automne.
Au printemps, nous pouvons observer les fondatrices venir sur les ruchers pour capturer les ouvrières qui reviennent de butinage.

Avant de découper leur proie, elles incisent le haut de l’abdomen et aspirent le contenu. Cela laisse à penser qu’elles absorbent probablement le contenu du jabot rempli de nectar. En fin de saison, les frelons sont particulièrement attirés par les fruits mûrs et par la floraison tardive du lierre, où ils viennent sucer le nectar des fleurs et faire la chasse aux abeilles.

Les apports en protéines sont essentiellement réservés à l’élevage du couvain et augmentent au cours de la saison d’élevage. Les besoins sont faibles au printemps, car les larves sont peu nombreuses et de petite taille. Ils s’intensifient en été lorsque le couvain se développe et atteignent leur plus haut niveau au début de l’automne. Les ressources protéinées sont composées :
d’abeilles domestiques ou sauvages ; d’insectes comme des chenilles, des papillons, des mouches, des libellules… et autres espèces, surtout les pollinisatrices ; et aussi d’araignées.

Les frelons peuvent s’attaquer à des petits oisillons ou à des cadavres de petits animaux sauvages (rongeurs, par exemple). Leur régime alimentaire dépend de la nourriture accessible et du stade de développement de la colonie.


En fin de saison, ils entrent en compétition avec d’autres prédateurs naturels comme les
Vespa Crabro et les oiseaux insectivores, ce qui engendre une très forte prédation sur les ruchers, mais aussi sur l’entomofaune, et pénalise les capacités de survie de la faune indigène.

Addresse

lieu dit Vors

81140 Castelnau-de-Montmiral